Administrativement vôtre
« Vive l’administration française ! Deux heures de queue pour apposer un tampon sur une feuille… Vraiment, vive l’administration française ! » Qui ne l’a jamais critiquée ? Pas moi en tous cas. Mais dites-vous que nous ne sommes pas les seuls à couper les cheveux en quatre dans ce rayon-là.
Déjà en juin 2004, je m’étais frottée à l’administration russe pour obtenir un visa tourisme. Une prouesse selon un ami que je croyais avisé : « Un visa russe ? Bon, si tu y arrives, toutes les autres démarches te sembleront facile ! » Ah oui ? Alors comparons avec les procédures que j’ai entamées pour obtenir le visa J1 qui concerne les étudiants en échange ou en stage sur le sol américain. Temps écoulé depuis le début : 3 mois pour les Etats-Unis contre 3 semaines pour
Pour vous donner une idée du parcours du combattant en quelques petites lignes, déroulons le fil des « Douze travaux d’Astérix », en très schématique.
Une fois que tout le monde est d’accord, l’entreprise, votre université et vous, c’est là que tout commence. Il faut leur faire remplir un dossier commun à remettre à un intermédiaire dit « sponsor ». Le mot me fait doucement sourire. Vous leur versez près de 1000 € pour leurs services, mais ce sont eux qui « sponsorisent » le stagiaire ? Grâce à eux, un mois et demi après, vous obtenez le formulaire DS 2019 et le justificatif des frais SEVIS, une sorte de base de données pour savoir qui se trouve où et quand pendant les stages. Ajoutez-y les DS 156, 157 et 158, plus d’autres papiers pour vous présenter à l’Ambassade des Etats-Unis. Rendez-vous que vous avez pris au préalable au téléphone. 15 € l’appel.
Souriez, vous partez aux Etats-Unis !
Sur place, il s’agit de vérifier votre dossier, recevoir un nouveau chèque et constater que votre visage correspond bien avec celui du dossier. Très important, le visage. Si important qu’il faut y consacrer une photo très spéciale. Au format de 5x5 cm, pratiqué par une poignée de photographes en France, et
qui rentre dans leurs critères. A côté des « classiques » (pas de chapeau qui cache les traits, netteté exigée, fond blanc uni…), d’autres peuvent surprendre : « Les dimensions de la tête doivent être comprises entre
Un autre critère ne figure pas sur la liste… Je l’ai découvert, il y a une semaine, en pausant pour cette fameuse photo. « Non, ne souriez pas, ils ne veulent pas des gens qui sourient ! » Le jeune photographe fait-il de l’humour ? Après une seconde d’hésitation, je souris à ce que j’interprète comme une boutade… « Qu’est-ce que je viens de vous dire ? Ne souriez pas !! » Bon, ce n’était pas de l’humour. Résultat, on a l’impression que je vais pleurer, sur cette photo en 5x5. Alors oui, souriez… mais seulement une fois arrivés sur le sol américain. Pour ma part, le sourire, je l’ai regagné en découvrant, au téléphone, qu’ils parlent français à l’Ambassade des Etats-Unis. Côté russe, c’était loin d’être le cas. Ouf ! M.S.