Borat vu par les Américains

Publié le par Marie Simon

Borat… C’est un peu le mot magique en ce moment. En France, oui, mais aussi, plus bizarrement, aux Etats-Unis, où ce film-ovni cartonne au box-office !


En France, où l’on aime bien rire sur le dos des Américains, Borat a de sérieux arguments pour plaire. Un vendeur de voiture qui vante les mérites d’un hummer pour écraser des gitans, un fan de rodéo qui déteste les musulmans et les gays au point de vouloir tous les pendre, un groupe d’évangéliques en transe… Il faut dire que Sacha Baron Cohen dresse une galerie de portraits tous plus caricaturaux que les autres. Parfois un peu trop, on rit moins. Mais le principal défaut du film est la rapidité des épisodes qui ponctuent cette traversée des Etats-Unis hors normes. Le personnage de Borat est né de différents sketches, tout comme Ali G. et Bruno, d’autres « cas » nés du cerveau de Sacha Baron Cohen ! C’est sur ce principe que se déroule justement ce film… sauf que 2 phrases d’un sénateur à Washington DC, c’est un peu court. On aurait aimé savoir ce qu’il pensait du fromage que Borat lui avait apporté, un fromage fait à partir du lait… de sa sœur, la prostituée n°4 de tout le Kazakhstan !


C’est tout de même un petit peu étonnant que cela marche si bien de l’autre côté de l’Atlantique. Les Américains connaissent le French-bashing, mais beaucoup moins le self-bashing (si ça existe… j’extrapole !). A moins que… le degré de dérision ne s’applique pas à eux, mais à cet Anglais qui s'est permis de faire un film sur eux. Après tout, on peut tout à fait aller voir un film par curiosité, pour voir pourquoi les autres se moquent et mieux balayer leurs critiques d’un revers de la main. Et justement, le balayage est facile : Sacha Baron Cohen n’a pas fait dans la finesse. Du coup, le petit haussement d’épaule, façon « oh c’est facile de se moquer, il généralise à partir de quelques énergumènes de foire », est rendu bien trop facile…


Finalement… Sacha n’est pas Michael, celui du Fahrenheit 9/11. On n’attendait pas de lui un documentaire engagé. Si ça peut lui faire empocher le pactole, on comprend sa démarche. Et si, au passage, quelques Américains pouvaient se rendre compte que leur French-bashing n’est pas plus intelligent que son film, ça nous ferait des vacances ! Vous ne croyez pas ?


M.S.

Publicité

Publié dans Généralités

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
U
Moi j'ai bien aimé le rythme effréné du film. Au moins on ne s'ennuie pas une seule seconde, on se marre de A à Z...C'est vrai que ça n'a pas la profondeur d'un Moore, mais d'un autre côté il n' a pas vraiment la prétention de faire comme lui alors...
Répondre