La folie walkie-talkie
Ici, on ne dit pas talkie-walkie mais walkie-talkie. Après tout, les deux actions, marcher et parler, sont simultanées, donc les deux éléments sont interchangeables.
Ce qui, en revanche, n’est pas un mince changement, est l’usage fait de l’engin. Il n’est pas rare de se retrouver dans le bus à côté d’une personne qui communique via walkie-talkie, volume à fond, sans se soucier du reste des usagers. Des militaires ? Des businessmen ? Des ouvriers de la construction ? Pas du tout.

« BIP. Salut, ça va ? BIP.
- BIP. Oui et toi ? BIP.
- BIP. Ca va. Tu es où ? BIP.
- BIP. Dans le bus. J’arrive dans 3 blocs. Et toi ? BIP.
- BIP. Je viens d’arriver, je t’attends comme convenu. BIP. »
La conversation typique de deux jeunes mordues de shopping, par exemple. Ou deux amis qui vont au cinéma ou au restaurant. Bref, vous l’aurez compris, leur échange est aussi inutile que beaucoup de nos échanges par téléphone ! Avec la gêne pour les autres en plus.
Pourquoi cette tendance du walkie-talkie ? La réponse, hier soir, grâce à Jen, ma colocataire. « C’est gratuit ! ». Forcément, le bon vieux texto et la conversation téléphonique ne peuvent pas rivaliser. Les téléphones portables se mettent même à ajouter une fonction walkie-talkie, le « push to talk » (appuyez sur le bouton et parlez)…
Et s’il est interdit de boire et manger dans les transports en commun et train, nulle part vous ne verrez de logo d’un petit téléphone avec le doigt sur la bouche : « chut, votre conversation ne concerne que vous ». Non non, vous êtes au royaume du walkie-talkie !
M.S.