Sédentairement vôtre
Je descendais l’autre jour la 16th street à pied, vers le centre-ville, et voici l’image que j’en retiens. De larges allées de part et d’autre de la rue. Vides. Et une route encombrée en direction du centre-ville. Certes, ce ne sont pas les embouteillages new-yorkais où il faut 2 minutes pour parcourir un petit bloc, mais tout de même. Par contraste, je me sentais étrangement seule sur ce trottoir dont l’usage principal est… de séparer nettement la route des maisons assez cossues du quartier ! Un cycliste et un dog-sitter viennent rompre de temps en temps la solitude du marcheur, mais guère plus.
Les Américains rechignent à marcher. En discutant avec Erin à mon arrivée, je ne comprenais pas pourquoi elle n’imaginait pas devoir marcher 3 blocs entre son arrêt de bus et la station de métro la plus proche. “Non, j’attends 10 minutes un bus qui m’emmène jusqu’au métro. Pourquoi marcher ?” Ce scénario se répète mais seulement les jours ou elle n’utilise pas son 4x4, terriblement nécessaire dans une ville comme Washington DC. Et après presque 3 mois ici, je me rends compte qu’elle n’est pas un cas isole…
Cette sédentarité poussée à l’extrême m’affole un peu. Si en France, nous avons déjà des “drive thru” aménagés pour acheter et manger Mac Do sans quitter notre siège de voiture, ici, tout marche sur ce système ! Dans son blog, Guillaume à Buffalo parlait il y a quelques semaines des distributeurs de billets, accessibles depuis la voiture. Et CNN vient de diffuser un reportage sur les “drive thru” de Starbucks.
Je vous épargne tous les services de “delivery”, ces livraisons à domicile incontournables dans les grandes villes. Et bien pratiques, finalement. Dans
une ville comme Washington DC par exemple, en dehors de quelques Safeway (style Monoprix) ou Whole Foods (bio) en centre-ville, si vous voulez acheter à manger pour la semaine, ça se passera en banlieue, mais il vous faudra alors disposer d’une voiture !
Bref, si ce n’est pas la nourriture qui vous fait grossir aux Etats-Unis, alors ce sera le manque d’activité. J’en fais un peu les frais mais tant que cela reste de courte durée… Après tout, je suis une “French woman” et, c’est bien connu, “French women don’t get fat”, soit “les femmes francaises ne grossissent pas”. Quand je vois leur yeux arrondis de surprise lorsque je me prépare des salades composées, que j’épluche des fruits et que je raconte ma balade de 3 heures au zoo… je me demande parfois si je ne suis pas un stéréotype ambulant !
M.S.