Reliable Sources - 20 Novembre 2005
Aujourd’hui, émission très, très, très riche !
Maureen Dowd a accordé une interview à Howard Kurtz (enregistrée vendredi matin), à la suite de son livre « Are Men Necessary ? » qui fait rire les hommes, mais pas tellement les femmes… Il faudra que je le lise pour mieux comprendre car même l’auteur est étonnée du résultat !
Elle a également commenté son travail d’éditorialiste au Times, ses relations avec Judith Miller (ex-Times) qu’elle a surnommé « Femme de Destruction Massive » dans un de ses derniers éditos. En commentant les affaires auxquelles se trouvent mêlés les journalistes, par l’intermédiaire de leurs sources parfois douteuses ou à peine légales, Maureen Dowd a d’ailleurs proposé un nouveau titre pour le show : « Unreliable Sources ». On appelle ça le sens de la formule, non ?
Il n’a pas creusé l’histoire pour le Washington Post à l’époque. Mais il a continué d’écrire sur l’investigation en cours, menée par Patrick Fitzgerald, en ne manquant jamais d’épingler chacun des acteurs de cette affaire. Sans prévenir Leonard Downie, son supérieur au Post, celui qui a coordonné le travail des journalistes déjà à l’époque du Watergate, qu’il était lui aussi dans la confidence. Juge et parti… Voilà qui fait jaser.
Leonard Downie était sur le plateau ce matin. Il a convenu que Woodward avait fait une erreur en ne venant pas lui parler de la conversation, même informelle, qu’il avait eue avec sa source. Et une autre erreur en prenant position dans une affaire dans laquelle il pourrait bien jouer un rôle important. Car si le nom de Plame lui a été révélé plus tôt que pour les autres reporters, alors un soupçon tombe presque à l’eau : celui que l’administration Bush aurait pu vouloir discréditer Joe Wilson par l’intermédiaire de sa femme Valerie Plame, alors qu’il soutenait que l’Irak ne se servait pas en uranium au Nigéria ! Très compliqué… et je ne suis pas sûre d’éclaircir quoi que ce soit…
Downie a laissé échapper une phrase importante : « nous ne parlons pas assez entre nous ». C’est également la critique qui avait été émise au sujet de Judith Miller et l’équipe du Times. Les reporters auraient-ils de plus en plus tendance à faire cavalier seul pour mieux assurer leurs scoops, quitte à ne pas mettre leur propre écurie dans le coup ?
Puis un panel de commentateurs est intervenu. D’abord sur les développements de la fuite de
Les commentateurs ont ensuite parlé de la guerre en Irak. Avec la sortie récente d’un Congressman, John Murtha, qui a plaidé pour qu’un plan de retrait soit établi. Il s’est bien sûr attiré les foudres des pro-guerre, qui dénoncent cette manœuvre anti-patriotique !
Mais au final, la plupart s’accordent pour dire qu’il est assez sain de parler d’un plan qui fait cruellement défaut. Dire que les troupes se retireront quand les Irakiens seront prêts, voilà qui ne semble plus satisfaire la communauté politique, ni la population américaine. L’un des commentateurs a avancé un parallèle avec la guerre du Viet Nam et le moment de la viet namisation du conflit, d’ailleurs.
Les deux derniers blocks du show étaient enregistrés. Howard Kurtz y est revenu sur les mails. « Je n’ai pas d’agenda politique et mon boss ne me dicte pas ce que je dois dire ! »
Voilà qui a le mérite d’être clair. Mais comme dit Judith Miller (sic), ce n’est jamais bon quand le journaliste devient lui-même l’information...
M.S.