Reliable Sources – 16 Octobre 2005

Publié le par Marie Simon

Bonjour,

 

Comme promis, voici un petit compte-rendu de l’émission d’hier. Si vous en voulez le script en long en large en travers, cliquez ici.

 

9.45 : Les invités arrivent, il faut les accueillir, les installer au maquillage. Et c’est à peu près tout. Car, tous étant plus ou moins des personnalités médiatiques, ils se retrouvent comme des poissons dans l’eau à CNN.

9.53 : Howard Kurtz lance un petit teasing au milieu des news d’une présentatrice qui blablatte sans pouvoir s’arrêter.

9.55 : Premières tensions dans la salle de contrôle. On commence par le bloc A (Judith Miller) ou bien on passe le bloc G avant (un petit montage sur la menace terroriste dans le métro de New York) ? On a pas le temps de changer, on commence par A. En plus les invités sont en place pour les blocs A et B (Karl Rove), ça le fait pas…

10.01 : Générique. Silence.

 

10.04 : Bloc A. « New York Times comes clean ». Après beaucoup de tensions dans leur rédaction, des papiers sont enfin publiés sur le cas Judith Miller, une journaliste du Times. L’affaire est celle de Valerie Plame, un agent de la CIA , la femme du sénateur Wilson qui a soutenu contre l’administration Bush que l’Irak ne cherchait pas à se procurer d’armes de destruction massive ni d’uranium auprès de pays africains. Son nom a été dévoilé dans la presse au moment où son mari écrivait les résultats de son enquête, contraire aux attentes de l’administration Bush. Judith Miller n’est pas la seule journaliste à avoir du répondre de ses actes par la suite, mais elle est la seule à avoir gardé le nom de sa source, au prix de 85 jours de prison. Elle est sortie quand se source, Scooter Libby, un proche de Dick Cheney, l’a libérée du secret, et elle a été entendu 2 fois sur le contenu des interviews que Libby lui a accordées.

Les invités du show soulève une nouvelle question : pourquoi avoir tant attendu avant de publier des articles dans le Times ? Judith Miller protège-t-elle une autre source encore plus haut placée ? Garde-t-elle des éléments pour écrire un livre ? Ne serait-ce pas le moment de faire enfin un pas vers plus de liberté de la presse avec une loi-bouclier en ce qui concerne les relations reporter-source ? Et au beau milieu du débat, tous hurlent en coulisses. Le logo de CNN se balade sur les visages des invités. « Get off that fuc**** logo !!! »

10.14 : Première coupure de publicité. Le temps de se rendre compte que tout le monde court en coulisses et qu’Howard doit donner l’impression qu’il a le temps, que le débat suit son cours sans être encadré…

10.16 : Bloc B. « Rove speculation ». Lié à l’affaire Valerie Plame, un proche de Bush : Karl Rove, l’architecte de sa réélection. Il a déjà été entendu 4 fois dans cette affaire. Cela annonce-t-il son arrestation ? Les médias en font-ils trop ? Réponse : il serait irresponsable de ne pas se faire l’écho des spéculations qui ont lieu à Washington.

10.20 : Bloc C. « Bush staged moment ». Il paraît que vous en avez entendu parler en France aussi. Cette vraie-fausse discussion improvisée entre Bush et les troupes de Tikrit. Ce bloc est fait pour alléger l’émission, il est plus court que les autres. Il est rendu encore plus court par une erreur de manipulation, qui coupe le montage prévu pour être drôle et qui perd tout son effet. On y voyait d’abord la répétition, puis l’entrevue. Et dans les deux cas, le militaire répétait mot pour mot sa réponse. Edifiant. Mais c’est raté pour le show.

10.21 : Deuxième coupure de publicité. Et ce n’est pas fini !

10.24 : Bloc D. Nouveau moment du show qui a gagné 20 minutes d’antenne dernièrement : « Talk back to the media ». L’intervenant est un conseiller de Clinton du temps de sa présidence. Il vient répondre à l’émission « 60 minutes » de CBS diffusée le 9 octobre. Ce show se faisait l’écho du livre de Louis Freeh, ancien directeur du FBI, et de ses critiques vis-à-vis de l’administration Clinton, surtout au niveau de la prévention des attaques terroristes. Selon l’invité, ce show s’est montré injuste en ne laissant pas la voix du camp Clinton s’exprimer. Encore une controverse. Je suis tombée dans un moment sympathique de la vie de Washington !

10.29 : Troisième coupure de publicité.

10.33 : La présentatrice revient pour annoncer les titres à venir. « Faites la taire, elle est trop longue !!!!! » Elle n’a parlé qu’une petite minute, mais c’est pas grave.

10.34 : Bloc E et F. Interview de Thomas Friedman, un journaliste du Times, trois fois Pulitzer. Elle a été enregistrée mercredi donc c’est un moment de grande respiration pour tout le monde en coulisses ! Entrecoupée d’une coupure de publicité, la quatrième, car bien sûr, 15 minutes c’est trop long pour la télévision ! Pourtant son interview est rondement menée, il parle de Judith Miller, de Karl Rove, de son dernier livre, de la guerre en Irak, du tremblement de terre au Pakistan…

10.50 : Cinquième coupure de publicité.

10.54 : Howard Kurtz revient une dernière fois pour annoncer le bloc G, fait des deux montages, sur la menace terroriste à New York, et aussi sur un moment ridicule des news de NBC quelques jours plus tôt. Il doit présenter debout devant la newsroom car le présentateur du show suivant l’a viré pour s’installer. Et oui, l’analyse de médias, ça a l’air secondaire, face à une interview en duplex depuis l’Irak au sujet du référendum…

11.00 : Les vidéos défilent, c’est fini.

 

Moralités : Comment donner l’impression d’avoir tout son temps alors que tout le monde court ? Et comment donner l’impression de suivre le fil d’une émission quand il y a six coupures de pub en une petite heure ?

 

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