La minute du bus : cocorico enroué
Vu et entendu hier soir dans le bus qui remontait 16st street.
« Non, tu restes assise. Regarde les gens autour, ils sont tranquilles. Et bien, fais pareil ! » Papa est excédé mais sa fillette de 2 ans semble très amusée !
« Ah mais vous parlez français ! » Leur voisine en profite pour nouer la conversation. « Je viens de Tunisie, j’aime bien parler français. Et votre petite aussi, elle parle français ? » Voilà qui s’appelle utiliser les répétitions pour bien insister…
Le quadragénaire embraye illico. « Oui oui, elle parle français à la maison. A l’école elle parle toujours anglais donc il ne faut pas qu’elle oublie le début de français qu’elle a ». En effet, la petite murmure quelques syllabes, une étrange mixture d’anglais, de français, et de babillage !
« Ah c’est bien, c’est une chance pour ces enfants qui peuvent apprendre deux ou trois langues très très tôt ! Ici, ils commencent seulement à s’en rendre compte et à envoyer leurs enfants à l’étranger. En France par exemple ».
« Oui parce qu’on a beau dire que le français est une langue internationale… »
Mine dépitée des deux francophones et francophiles. Silence nostalgique. Puis la femme reprend.
« C’est pourtant une langue magnifique. Et puis à chaque fois que je l’entends, je me sens attirée, comme là où je vous ai parlé, vous voyez, je ne peux pas m’empêcher ! »
Le père, un peu gêné par l’emportement de la dame, s’empresse de généraliser pour la calmer.
« Ceci dit, on entend beaucoup de français dans les grandes villes comme New York, par exemple ».
« Ah oui, New York, j’y étais il n’y a pas longtemps. Des Français partout. Un bonheur ! »
Généralisation ratée… mais la dame doit descendre, c’est son arrêt.
Nostalgie francophile dans un bus. Je pense que personne n’a compris un mot à leur échange. L’espagnol ici est bien plus utile. Tout se perd mes amis, tout se perd ;-) !