Reliable Sources - 27 Novembre 2005

Publié le par Marie Simon

Habitudes définitivement adoptées. Je parle de mon stage, mais aussi du show en général. Avec le passage à une heure et l’enchaînement direct avec Late Edition à 11 heures, il a fallu que l’équipe s’adapte. En particulier en enregistrant les deux derniers blocs de l’émission vers 9h45, juste avant le direct. Car Wolf Blitzer, le présentateur de Late Edition doit être sur le plateau dès le début de son show… donc installé à 10h55 dernier délai. Et le fait est qu’après quelques semaines, l’équipe maîtrise beaucoup mieux ce rythme. Le passage de témoin dans la salle de contrôle à 10h50 se fait en douceur et les tensions (minimes) ont totalement disparu.

 

Je le ressens sans doute ainsi car j’ai un peu travaillé avec Late Edition cette semaine, pour compenser l’absence des deux autres stagiaires du service week end, parties en famille pour Thanksgiving. Mon petit doigt me dit que cela va les inciter à prendre plus de stagiaires étrangers à l’avenir : des petits jeunes sans famille sur place, donc qui peuvent travailler à Noël et le jour de l’An, vous pensez…

 

Mais revenons à Reliable Sources. L’Irak a occupé une très large partie des débats. Surtout en raison du parallèle de plus en plus fréquent avec le Viet Nam (ci-dessous, le mémorial). Depuis l’intervention du Congressman John Murtha, réclamant le retrait des troupes, Howard Kurtz voulait absolument parler de ce parallèle sur deux blocs, en présence d’un historien et de journalistes de terrain. C’est chose faite et il était ravi !

 

En réalité, vous le verrez en lisant le transcript entier, il s’agit de plusieurs parallèles. L’ennemi à affronter n’est pas de la même nature qu’une armée, il s’agit d’une insurrection de type guérilla. L’opinion publique change au fur et à mesure par rapport à la guerre, et la presse avec elle. La pression politique grandit sur le plan national. Bref, l’impression de déjà vu est pour le moins désagréable. S’y rajoute l’impression que le but annoncé, établir la démocratie et une opinion pro-américaine en Irak, est impossible à atteindre.

 

Ensuite Howard Kurtz évoque la mauvaise santé de la presse écrite américaine. Et oui, les journaux français ne sont pas les seuls à voir leurs chiffres à la baisse. Le Los Angeles Times et d’autres ont même annoncé des licenciements. La crise vient de la perte de nombreuses annonces qui passent sur des journaux gratuits ou même sur internet, par exemple craigslist. Et aussi d’une perte de crédibilité à la suite de nombreuses affaires, comme les articles plagiés de Jayson Blair ou le rôle de Judith Miller dans l’affaire Plame (tous deux du New York Times). Les lecteurs commencent à bouder, même s’ils restent des millions à lire le journal papier.

 

Que reste-t-il ? La publicité. Mais elle occupe déjà plus de la moitié des pages ! Cela me laisse donc un petit espoir par rapport à la presse française, même si la publicité pose parfois des problèmes éditoriaux : critiquons-nous dans la partie rédactionnelle une entreprise qui achète des pages entières de publicité ? Ceci dit, c’est sur la publicité que vit la presse gratuite, et ses informations ne sont pas moins bonnes que la presse payante… Bref, bon courage pour résoudre l’équation, en France, aux Etats-Unis et ailleurs !

 

Dans la deuxième partie du show, il a été rendu hommage à Ted Koppel, l’animateur-icône de Nightline sur ABC News. Il sera remplacé par 3 co-présentateurs, ce qui suscite de nombreuses craintes chez les fans du « ton Koppel », un journaliste qui incarnait son show et n’hésitait pas à poser des questions osées lors des interviews. Il a néanmoins mis en garde les téléspectateurs : « Laissez leur une chance. Si non, la chaîne programmera autre chose, comme une série. Et alors, vous pourrez être désolés ».

 

Enfin, une autre icône, Bob Woodward, sous les commentaires des bloggers, alors qu'il se trouve associé à l'affaire Plame. Selon eux, le cas illustre ce dont souffre en particulier Washington DC : la trop grande proximité des journalistes d’investigation avec leurs sources. Obstinément anonymes sur le papier, bien sûr.

 

Les autres sujets et le script complet, ici.

 

M.S.

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M
Je tente de trouver une citation dans le show... Bien sûr, je voulais dire "atteindre ce but juste à l'issue de la guerre". Quant au long terme...<br /> <br /> DALLEK: Well, because there is such frustration in this country now at the idea that this is a war which we can determine the outcome, we can create democracy. And I think people wisely don't believe it because, how do you do it? How do you turn that country which is so divided, so sectarian, into some kind of functioning democracy that is anywhere near close to what we have? People don't trust it.<br /> <br /> Quant au soutien pro-américain... Etant donné que l'administration bush coupe en deux le monde de façon assez manichéenne. Si l'Irak était, selon eux, terre d'Al Quaeda, la guerre doit donc servir à leur rendre plus gentil... Les commentateurs sur le plateau ont insinué l'idée que cela pourrait être pire maintenant, mais il ne faut pas trop le dire. Anti-patriotique ?
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A
« S’y rajoute l’impression que le but annoncé, établir la démocratie et une opinion pro-américaine en Irak, est impossible à atteindre. »<br /> <br /> Établir la démocratie, ça risque en effet d'être dur. Mais faisable, peut-être, à terme.<br /> <br /> Par contre, « établir une opinion pro-américaine en Irak », j'avoue que ça m'a fait bondir. C'est (c'était) « réellement » un de leur objectif ?!
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