Happy Thanksgiving !
“Time to drop your diet !” J’ai vu une affiche de ce genre il y a quelques jours. Elle annonçait clairement la couleur de Thanksgiving. Et après le dîner de ce soir, je confirme. La période pendant laquelle je suis aux Etats-Unis n’est vraiment pas la bonne pour faire attention à sa ligne. Entre les bonbons de Halloween, la dinde de Thanksgiving et je-ne-sais-quoi-mais-ce-sera-sûrement-très-calorique pour Noël, je me demande comment le corps de l’Américain moyen arrive à tout assimiler… Il n’assimile pas !
Mais oublions ces sujets qui fâchent, et parlons de la fête de Thanksgiving. Ce soir, j’ai pris part à un vrai de vrai Thanksgiving, dans une vraie de vraie famille américaine ! "La seule fête où il n'est pas question de fric", m'a assuré le couple de franco-américains chez qui je suis restée à Baltimore le week-end dernier.
Et je confirme. Famille, famille, partage, famille. Et rien d'autre ! Susan et Chuck, leurs enfants, les parents de Susan, son frère et sa famille, son oncle et sa tante, ils étaient tous là. Plus la famille de la nounou, venue tout droit du Nebraska. Nous étions facilement 25 dans la maison. De 2 à 85 ans, à vue de nez.
Tout commence par l’un des convives qui rend les grâces. Assez rapidement mais avec une grande conviction et tout en simplicité. Tous se tenaient la main et certains fermaient les yeux. J’ai rarement assisté à cette scène en dehors de quelques séquences télévisées, j’avoue. Le partage et la famille, voilà l’idée de cette fête traditionnelle. Pour en connaître l’origine, une histoire d'indiens et de colons, un petit clic ici. Vous trouverez aussi les recettes…
Premier plat : une soupe aux cacahuètes. Le principal ingrédient est bien sûr le beurre de cacahuètes, dilué dans du lait ou de la crème, avec quelques épices pour relever le goût. A cette crème, Chuck, le « chef » de la maison a ajouté un bouillon de légumes. Le résultat reste tout de même assez épais. Saupoudrez de cacahuètes pilées. Et voilà !
Ensuite, grand moment. La dinde. Aussi grosse que 3 ou 4 poulets normalement constitués (pas les mini-poulets de supermarché), elle est servie découpée. Désossée et décortiquée dans le cas du dîner de ce soir. « Mais chacun a sa petite touche personnelle », a précisé le « chef ». Avec 25 personnes, nous n’avons pas réussi à engloutir plus de la moitié de l’oiseau… Impressionnant. Le tout servi avec une dizaine d’accompagnements, au choix. Sauce aux cranberries, purée de citrouille, patates douces, et autres.
Le temps de faire des « doggy bags » avec ce qu’il reste de la dinde et des accompagnements, et les desserts vont être servis. Tout le monde donne un coup de main pour les petits paquets à emporter. Une cousine de Susan m’explique alors… « Je connais un vieil homme de 85 ans. Il est veuf, tout seul, et presque infirme. Alors je lui apporterai à manger demain pour qu’il ait un Thanksgiving tout de même ! » Beau geste que chacun des convives de ce soir répète le lendemain avec un voisin ou un ami, m’ont-ils raconté.
J’ai retrouvé l’aspect familial des veillées de Noël de mon enfance. Avec une place prépondérante des valeurs religieuses et du partage. Avec ceux qui peuvent venir, comme la famille entière de la nounou. Et avec ceux qui ne peuvent pas.
Evidemment, on trouve aussi des décorations douteuses, comme celle de la photo du post precedent. Chuck a vu cette maison, dans ma rue, ce soir : « Oh my God ? Is this really a turkey ? »
M.S.