"Indians are everywhere"

Publié le par Marie Simon

Les Indiens d’Amérique. Du pôle sud au pôle nord, et vice versa, ils sont partout. Un vaste programme, donc, pour un musée. C’est pourtant le défi qu’a relevé le National Museum of American Indian, sur le Mall à Washington DC. Le dernier né des musées « smithsoniens » (2004) attire beaucoup de monde, surtout en été, lorsque les températures intenables incitent les passants à se mettre la tête sous ses jets d’eau ! J’y suis allée un lundi de novembre à l’heure du déjeuner : toujours du monde. A croire qu’il n’y a pas seulement l’effet de nouveauté…

 

Il faut avouer que ce musée est particulièrement agréable. Trois expositions permanentes montrent autant la lutte politique des Indiens que les poteries, les bijoux, la prolifération des armes, la survie grâce à l’argent des casinos, ou la conception millénaire de la nature. Très intéressante d’ailleurs, cette partie qui oscille entre mythologie et écologie ! Le thème de la nature est très présent dans le bâtiment même du musée. Je crois bien n’y avoir vu aucune ligne droite. Tout en courbes, avec des couleurs apaisantes et naturelles, un peu de musique d’ambiance… Le visiteur dépaysé oublie bien vite le stress urbain !

 

Comme tous les autres musées que j’ai visités pour l’instant, celui-ci développe beaucoup l’aspect interactif : on peut toucher les matériaux utilisés par les Esquimaux pour se vêtir ou bien les perles de certains parures sud-américaines, et des ordinateurs sont à disposition pour obtenir des explications sur les objets en vitrine. Les histoires racontées sont très personnalisées : un film de 45 minutes s’attarde sur la vie de quatre indiens d’Amérique (dont 3 aux Etats-Unis tout de même !) qui tentent de concilier tradition et modernité, tout simplement pour comprendre qui ils sont. De même au fil des expositions, chaque peuple/nation/tribu est incarnée par des individus, avec photos et noms écrits en gros sur les panneaux. 



Force est de constater que les thèmes développés s'attardent surtout sur le "Contact" lors de l'arrivée des Européens à la suite de Christophe Colomb, et sur la vie des Indiens dans l'Amérique du XXIème siècle. Très peu d'éléments, en dehors des objets en vitrines bien sûr, sur l' "avant-Contact". La volonté de préservation, de recherche d'identité, ici et maintenant, voilà clairement l'idée du musée. Contrairement au Musée des Amériques que j'ai visité à Madrid, où les objets et les histoires présentés sont ancrés dans le passé : têtes réduites, outils amérindiens rudimentaires, histoire de l'arrivée des indiens sur le continent, colonisation. Bref, une approche totalement différente... où les Indiens d'Amérique du Nord ne sont pas oubliés, mais passent au second plan.

 

Petit bonus si comme moi vous passez pour déjeuner au National Museum of Indian American : des spécialités culinaires des indiens du continent ! Personnellement, j’ai opté pour un chili, mais vous trouverez un peu de tout. Les stands sont regroupés par unité géographique : Amérique du Sud, Méso-Amérique, Côté Nord-Ouest… Seul bémol : la fontaine de sodas et les hamburgers ! J’avais presque oublié que je ne me trouvais pas au pied du Macchu Picchu ou dans les neiges du Nord du Canada… mais bien aux Etats-Unis !



M.S.

 

 

Publié dans Streets of DC

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