Camilla, ou la pomme de discorde médiatique

Publié le par Marie Simon

Semaine américaine pour Camilla et Charles. New York, un gala au Momart et une visite à Ground Zero, puis Washington et un dîner chez les Bush (avares en mondanités). Ils continueront leur "US Tour" en Louisiane et en Californie.

Autant vous dire tout de suite que les Américains se fichent royalement de la visite du Prince de Galles et de la Duchesse de Cornouailles... Quelques centaines de nostalgiques de Diana se sont massés près du MoMA, lieu du gala, mardi pour prévenir Camilla : "vous n'êtes pas Diana". Je crois qu'elle s'en doutait déjà... Mais à part cette petite manifestation, la visite royale ne fait pas de vague dans la population américaine.


Des vagues, elle en fait en revanche entre les médias américains et britanniques. Eux qui chantaient en coeur que la France avait oublié l'aide des Alliés pendant la Seconde Guerre Mondiale, alors que celle-ci s'opposait à la guerre en Irak en 2003... et bien depuis quelques jours, leurs violons ne sont plus accordés ! La pomme de discorde ? Les critiques vestimentaires...

En effet, bien avant son arrivée, les médias américains ont commencé à railler Camilla sur ses tenues... en annoncant que Charles lui-même avait choisi 40 différents ensembles pour sa royale femme. Et surtout en la comparant à la défunte Diana, autrement plus sophistiquée, jeune, jolie, vive... venue au bras de Charles dans les années 80, puis dansant au bras de Travolta lors d'un gala. Camilla ne tient évidemment pas la comparaison.

Et depuis son arrivée, en dépit de tous les efforts du monde en matière de vêtements, de chapeaux, de maquillage ou de maintien, rien n'y fait. Les médias américains ne voient que le petit sac à main aux couleurs du drapeau britannique (cf photo Reuters ci-dessus), que son visage de femme mûre, que ses formes qui n ont rien de celles d'une pin-up... Seul terrain sur lequel Camilla semble pouvoir combattre la mémoire, "le fantôme" disent certains, de Diana : l'aide aux malades. Maigre consolation, s'empressent de préciser les commentateurs américains...


Cet unisson de critiques a eu des répercutions outre-Atlantique. A commencer par la réponse du Daily Mirror au New York Post (deux tabloids) qui avait qualifié Camilla de "frump tower", ou "vieille robière". En clair, Rosbifs vs Yankees : "Nous oui, nous pouvons la critiquer ! Mais pas vous, espèce de Yankee, dans votre pays qui n'a aucun goût !!" De fait, les médias britanniques ne se privent pas non plus, à l'image du Guardian... Je ne résiste pas à vous livrer un petit extrait en VO du Daily Mirror tout de même :

" THE Duchess of Cornwall was branded a frump by a downmarket rag in a predictably oafish welcome to New York. Coming from the least stylish nation on the planet - and from some of the most oddly dressed individuals - it was a bit rich. Camilla would be the first to say she's no catwalk queen, but being given fashion tips by a bunch of loudmouthed, check-trousered fatties is a cheek. The United States - land of the taste-free and home of the brazen."

La chose est savoureuse, n'est-ce pas ? On n'en est pas encore au casus belli... mais les commentateurs américains feraient bien de tenir un peu leur langue. D'ailleurs, un reporter d'ABC ce matin annonçait un renversement de situation : "Avec la visite de malades aujourd'hui, il se pourrait que les médias écoutent pour une fois ce que Camilla a à dire, et critiquent même ce que Charles porte !" Il y aurait pas mal à redire, effectivement... Mais chuuuut, attention au casus belli...

M.S.

 

Publié dans Streets of DC

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